Vendredi 6 juin 2008

Ame

Fonte des cieux
Le verre gris des fenêtres
Verse une larme
Par Ulquiorra - Publié dans : Haikus
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Vendredi 6 juin 2008
Un vieux chemin-
Glissants cailloux-
Je tombe.
Par Ulquiorra - Publié dans : Haikus
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Vendredi 6 juin 2008
Un rocher saillant
Le corbeau quitte son trône
Du sommet
Par Ulquiorra - Publié dans : Haikus
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Lundi 2 juin 2008
Ce matin, des monts de pétales immenses et sans vie étouffaient l'horizon.
Cette fois-ci, la fin n'avait donné impulsion à nulle renaissance.
Et ce lit désespérément froid, trop grand pour moi, trop petit pour nous.
Et le tourbillon dément de la planète que je ne rends statique que par le rêve.
Pourtant, tu dois bien te dissimuler dans ce maelström d'insipidité !
Oui toi, celle que j'attends depuis avant ma création, le brouillard tiède qui occupe mes pensées quand elles ne tentent pas de se canaliser ailleurs, la créature des mille songes qui, par dessus tout, craignent la lourde chute sur le sol du concret.
Où es-tu, ange ? Où es-tu, perfection ? Trop loin pour mes jambes fatiguées ?
Non ! Il n'est aucune sphère hors de ma psyché !
Et si je n'ai pas d'ailes, je les dessinerai ;
Et si je perds l'espoir, je le réécrirai ;
Et si tu te meurs, je te recomposerai !

Je veux ton âme et sa beauté en résonance avec les miennes...

Et si les accords sonnent faux, nous jouerons la symphonie à nouveau.

Par delà le temps...
Par Ulquiorra - Publié dans : Love
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Samedi 31 mai 2008
Let me tell you the tale of two extraordinary beings ... At least, this is how they picture themselves ... They are barely a drop of dust in an ocean of stars, but I advise you not to repeat all this, they are extremely touchy!
It all began in the vast fields of Orion ...


"So, that's what they call life?" said the new-born mind.
"Exactly," I answered him, "and I am the Sungazer. My only aim is to create human souls, before selecting the planet of their incarnation."
"You don't seriously mean to lock me inside one of those boring prisons of flesh, do you?"
"Your fears do not matter, my child. It is only minutes before your stellar consciousness is subdued. Your physical birth will fix the problem. This sounds cruel, I know. But everyone must fulfil their goal. The universe is an infinitely complex mechanism."
"And my fate has been predetermined, hasn't it?"
"Your life amongst humans will be what you want to make of it. When it reaches its unavoidable end, you will be pure light again, with all your memories -earthly and heavenly- intact."
"But ... What's the damn purpose of the whole thing?"
"I said you had to fulfil a mission. However, did I add it was a useful one?" 
"Then, if nothing in this universe is useful, or even logical, couldn't I just remain how I am?"
"Oh dear, you are not the first to try. Your moment nears, but I have a last important thing to tell you. Let me introduce you to the Moongazer."

My celestial twin suddenly appeared, so different from me in essence! If we had faces, I would be white and (s)he would be black (not in the low, racial sense of the term, though).


"The Moongazer resembles me, and is yet my very opposite. (S)He is half a god, and a soulmaker too, but the difference is ... "
"The difference is the nature of my creations. My souls are prone to live in female organisms, whereas yours ... "
"Well, you get the idea," I said, looking at the puzzled soul.
"Does that mean I'm gonna be a man?"
"Sure, but that is not really the point. Listen to me. Like the Sun and the Moon, human genders are the two sides of a whole. You did not come into existence on your own. Every creation of mine echoes with one of the Moongazer's.
"You're kidding me, right? Reusing the old myth of the soulmates ... "

But soon, his scepticism wore off, as his soul dived into warm bliss. She was there, in front of him, as mezmerized as he was. They seemed to reflect each other's thoughts, vibrating together.


"You two have changed your minds, haven't you?" I said. "You feel that nirvana is just inches away ... And your reunion is all the more perfect as your psyches are not restrained by a complex of living cells!"
"We are most sorry," added the Moongazer, "but this will not last. Your incarnation is about to begin, and the likelihood of meeting again during your human life is slim to none ... "
"But, then, why do you..." began the young soul of the future woman.
"Don't you feel the happiness in your heart?" I asked. "Its trace will never dissolve ... Unconsciously, to regain the paradise you lost today, you will go through a life of pain! Without a reason for leaving, human beings would just ... Well, return to the stars too soon."
"Then," she said, "after all, everything is predetermined. We are pawns you designed to love, and live ... "
"Probably," I said, "but I have to ask: considering the intensity of your love, do causes and consequences really matter?"

Before any of them could answer, their essences had started their long journey to new-born hosts. Before fading out, the future man managed to ask a last question:

"Tell me, do you take as much time to explain your divine work to every future human creature you make?"
"This proves you are already thinking the way humans do. Time is but a concept. We handle it as we please. We will meet again, earlier than you think ... "

The two souls rushed through starlit kingdoms, madly approaching the Earth. A second after, they knew nothing, and shouted their first pain, separated by thousands of miles, in unknown lands.



Par Ulquiorra - Publié dans : Short Stories
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Jeudi 29 mai 2008
J'abhorre ces jours maudits
Quand le monde se dessine
A travers des rideaux de pluie
Quand le cerveau n'imagine
Que le paradigme du pire
Quand le clavier stérile
Et les nocives touches déchirent
L'âme d'artiste et tout son empire
Dans les veines, voilà la bile
Du cancer de l'ennui
Voilà la demi-vie
Plus rien n'importe
Ni l'âme morte
Ni même le sens
Ni même l'essence
Sens le même ni
Ni
Même
Les
Strophes
Ni même le rythme de ce poème avec pour seule ponctuation les apostrophes
Ni même les rimes
Ni même la fin
Ni même la fin
Ni même la fin
Ni même
Par Ulquiorra - Publié dans : Delirium, Frenzy, Fury...
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Jeudi 29 mai 2008
Une nuit que je marchais sans autre but que celui de marcher, comme cela arrive souvent au début des histoires nécessitant un début, je t'ai vu, mon ami, débouler au volant de ta DeLorean flambante neuve.
Le hasard était trop beau, je me suis installé côté passager, car le côté conducteur était déjà occupé.

« Emmène-moi.
— Mais où ?
— Où et quand.
— Eh bien, quand et où ?
— Un an en arrière, à Dublin. Vois-tu de quoi je parle ?
— Tu dois le savoir : employer cette machine à des fins personnelles pourrait gravement endommager le continuum. De plus, mon assurance ne peut étrangement pas couvrir les voyages qui piétinent les lois de la physique !
— La où nous allons, nous n'avons pas besoin de route !
— Ca ne répond pas vraiment à ma question... Mais si le scénario l'exige... »

Je me suis accroché au siège, ça faisait plus dramatique. Mais en fait, le voyage fut long et morne. Au-dehors, la pluie martelait la carrosserie.

« Vole au dessus des nuages, imbécile.
— C'est toi qui vois, mais ça enlève tout l'effet... »

2,21 gigawatts plus tard, nous y étions.

« Ca n'a pas changé, en un an, dis-je en affichant l'inimitable sourire du calembour temporel réussi.
— J'espère que notre excursion n'altérera en rien le goût de la Guinness...
— Peu importe, je ne suis pas ici pour ça. Je dois prévenir mon moi passé des dangers de l'avenir. Car le futur est périlleux, et la mort mortelle.
— Et le pléonasme répétitif et redondant.
— Ne ris pas. Si j'arrive à transmettre suffisamment d'informations à celui que j'étais, il pourra peut-être prendre des décisions plus sages.
— Ou bien mourir d'une crise cardiaque, provoquant ainsi un paradoxe qui bousillerait ce truc en expansion qu'on appelle univers.
— Cette réplique sent le réchauffé, mais qu'importe. »

Et j'étais parti. Pendant que tu te saoulais dans le pub le plus proche. Etait-ce bien raisonnable, avant de prendre le volant ?
Je marchais encore, dans ces rues à l'air de déjà vu. Et je marchais, je marchais, presque autant que dans un road movie soporifique. Je marchais jusqu'à remplir le quota d'occurrences du mot marcher dans ce texte un peu bête. Restons polis.
Et je t'ai croisée.

« Bonjour, m'as-tu fait.
— Là d'où je viens, c'est la nuit. Mais tu ne pouvais pas deviner. Tu n'étais pas là une quarantaine de lignes plus haut.
— Tu te sens bien ?
— Pas vraiment, si tu veux tout savoir. Je me console en me disant qu'il y aura toujours une portion de temps où je rêverai d'un avenir pour nous, où je pourrai interpréter tes gestes et tes paroles d'une façon erronée et agréable mais...
— Ah...Tu m'aimes ?
— Zut, un paradoxe. Je sens encore mes doigts de pied, ça doit être bon signe. Tant que j'y suis, autant en profiter. Le PSG va rester en ligue 1, donc si un jour tu veux faire un loto foot... Ah, et puis si dans quelques mois je te refais une déclaration timide, feins la surprise. Allez j'y vais, j'ai trop traîné. Il n'y a qu'à regarder la tête du lecteur. Tu sens l'affliction se peindre sur son visage?
— D'accord... Le décalage horaire, c'est plus puissant qu'on ne le croit.
— Et encore ; le décalage annuel, c'est pire. »

Et nous prenions la route de nouveau. Malheureusement, un abus d'alcool inconsidéré du pilote nous emporta cent millions d'années plus tard que prévu. L'humanité ayant visiblement déménagé sans laisser d'adresse, et le moteur à fusion ayant mystérieusement lâché, nous décidâmes de commencer une nouvelle vie.



Il me faut maintenant dédier ces lignes, car la honte se partage.

A toi, celle que j'aimais. Je pourrais dire que tu ne m'as pas inspiré le pire, mais ce serait objectivement mentir.

Sans rancune, ou presque !

Remerciements également:

- Retour vers le futur, de Robert Zemeckis
- Nostalgie, la radio des légendes
- GG, l'ami anonyme (bon, plus maintenant)



Par Ulquiorra - Publié dans : Delirium, Frenzy, Fury...
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Mardi 27 mai 2008


Mon histoire se déroule dans une quelconque métropole ; dévoiler son nom ne serait d'aucun intérêt pour l'histoire que je vais vous conter. Au fond, elle ressemble à toutes les autres : vaste, polluée et complexe.
J'aurais pu trouver meilleur environnement pour éviter d'être dévoré par mes dons.
Mes dons.
J'aimerais vous parler d'eux.
Mais comme tout humain qui se respecte, vous ne me croirez pas.
On pourrait dire que vous êtes destiné au scepticisme, et moi à la solitude.


I)

Comment voyez-vous le monde ? Non, ne vous fatiguez pas à répondre, une page n'a jamais été très bonne interlocutrice.
Je vais vous faire part de ma vision des choses.
La planète toute entière n'est qu'une sphère de matière en rotation, sur laquelle des entités aussi multiples qu'insignifiantes vivent au jour le jour, entrant parfois en interaction par le biais de liens événementiels hasardeux, mais marchant de toute manière vers le futur commun qu'est la mort. Cela paraît pompeux, voire alambiqué, mais si vous deviez revêtir ma peau, voir à travers mes yeux, c'est ainsi que vous comprendriez les choses.
Pour reprendre le lieu commun, nous ne sommes que des pions sur un vaste échiquier.
Mais moi, je suis le spectateur le plus éclairé de la partie qui se joue.

II)

Je lis le destin des choses et des gens.
Ce n'est pas une métaphore ; vous devez le comprendre littéralement.
Quand je marche dans la rue, qu'est-ce que je vois ? Certainement plus que ce que vous arrivez à distinguer derrière la brume de votre ignorance.
Une jeune fille croise mon chemin ; avant de m'arrêter sur la grâce relative de ses formes, je vois un réseau de données l'enveloppant comme une aura unique, tourbillonnant en tous sens, trop nombreuses pour l'entendement commun.
Date de naissance, liens du sang, lieu de résidence, emploi passé, actuel, futur, passions, espoirs, talents, conjoint actuel ou potentiel (la liste est loin d'être exhaustive)...
Et bien sûr, les chiffres les plus visibles d'entre tous: date et heure de la mort.
En somme, je sais tout ce qu'il y a à savoir.
Croyez-le ou non, c'est très ennuyeux.

III)

Vous avez tous déjà vécu ce moment.
Une connaissance vient (sciemment ou non) vous révéler le dénouement d'une oeuvre, laquelle vous avait doucement immergé dans son intrigue.
Pour vous faire une idée de mon existence, imaginez simplement un homme qui achète un nouveau livre chaque jour, en vain, puisqu'il y aura toujours le trouble-fête planant comme une ombre derrière lui, se délectant de la mort du suspense.
Il n'y a aucune vie qui puisse me surprendre, si ce n'est la mienne. Bien entendu, un miroir ne me renverra rien de plus que mon propre reflet. Mécanisme de sécurité pour que le propriétaire d'un don aussi désastreux ne sombre pas trop profondément dans la folie, je suppose.


IV)

Je voudrais revenir sur un détail qui a son importance: je vois aussi le destin de l'inanimé.
Le moindre caillou suscitera un torrent de chiffres et de données diverses. Son âge, la distance que la rivière lui a fait parcourir, sa composition, et une multitude de facteurs qui raviraient n'importe quel géologue.
Je vous ai fait part un peu plus tôt de ma vision du monde ; elle n'incluait apparemment rien d'autre que le règne animal, mais l'empire des choses obéit aux mêmes règles que lui, excepté la mort.
Pour être mort, il faut avoir vécu.
Pour vivre, il ne faut pas considérer son entourage comme déjà mort.

V)

J'ai une maladie qui m'empêche de me lier à quiconque.
La société des Hommes m'insupporte.
Et la famille ? Et l'amitié ? Et l'amour ?
Par essence, je vous l'accorde, ces relations sont vouées à finir un jour, par la mort d'un ou plusieurs protagonistes. La date de péremption reste dissimulée, on la craint mais on l'ignore. C'est ainsi que les choses réussissent à fonctionner.
Mon don me permet de retirer le papier noir qui la camouflait, soulignant ainsi l'évanescence de la chose à chaque seconde qui passe. Qui pourrait accepter une vie aussi cynique ?
Mes sentiments sont morts. Je suis ma seule famille, mon seul ami, mon seul amour. Narcissique contre mon gré.
Le reste du monde est un réservoir de sujets destinés à être étudiés par mes capacités.
Je n'ai jamais désiré cela, mais un scientifique ne s'attache pas à son sujet de thèse.

VI)

Vous voudrez peut-être savoir comment j'emploie mes journées, et vous aurez raison.
Que faire quand le désespoir peuple la vie ?
La même chose que tout le monde : travailler pour amasser stérilement de l'argent, et peut-être un jour s'installer sur une île déserte.
Je suis analyste à mon compte ; je rédige des rapports pour les plus offrants, et bien sûr je ne me trompe presque jamais. Connaître le moment de la mort d'un PDG influent peut se révéler utile.
Si un jour vous entendez parler d'une acquisition d'entreprise particulièrement bien orchestrée, il se pourrait que je sois derrière.

VII)

Je n'aime plus aucune femme.
Ma vie sentimentale pourrait se résumer à des histoires d'une nuit. Des besoins physiques auxquels on cède.
Plus jeune, les choses étaient différentes. Je ne saisissais pas encore très bien ces chiffres et ces lettres virevoltant dans ma tête, j'étais plus proche de mes semblables alors.
J'étais même encore capable d'éprouver de l'amour.
Un jour, celle que j'aimais est morte. J'ai alors compris le sens de ce fragment de calendrier qui la suivait partout comme un sinistre corbeau, quand elle vivait encore.

VIII)

Non, je ne veux pas d'enfants.
D'abord, parce que je ne veux pas de femme.
Mais surtout, parce que j'ai peur que mes dons soient héréditaires. Je ne connais pas leur origine: mutation, atavisme, miracle divin ? (Je reviendrai sur Dieu plus tard)
Je ne courrai pas le risque.
M'imaginez-vous, à sa naissance, le prendre dans mes bras et faire le calcul des années qui lui restent? Peut-être même découvrir que demain, il me faudra lui faire des adieux anticipés. Ca semble cruel, n'est-ce pas ? Quand le niveau de savoir dépasse les limites humaines, tout se teinte de cruauté.

IX)

Parlons de Dieu.
J'ai rarement autant souhaité voir l'espérance de vie de quelqu'un.
Peut-être serait-il immunisé, car immortel ? Non. Il n'est qu'une idée, donc bien plus vulnérable qu'un être supérieur.
Les moeurs évoluent, et si avant il régnait en maître sur un peuple d'aveugles, la situation pourrait bien se renverser.
Mais s'il est autre chose qu'un opium, une construction de l'homme apeuré, ce dont je doute, c'est peut-être lui qui m'a infligé tout ceci.
Ou peut-être que Dieu, c'est moi. Je ne peux pas voir mon propre destin, car il est infini, et l'infinité n'admet aucune représentation humaine.
Mon passage sur Terre ne serait qu'une étape, mon enveloppe charnelle que temporaire...Je ne serais qu'une chenille resplendissante n'ayant pas encore atteint la maturité du papillon, un enfant en plein éveil qui découvre l'étendue de son potentiel.
Mes ailes pousseront-elles, me permettant de transcender les limites fixées par mon mode d'existence, ou bien ne suis-je qu'une bizarrerie, un aléa de la nature condamné à la solitude ?

X)

Je ne fais que regarder ce que le monde savoure.
Vous pouvez me reprocher d'être faible.
J'aurais pu opter pour une vie plus simple... Marcher dans un champ de fleurs avec ma bien-aimée, faire de sa date fatidique en gros caractères rouges une persistance rétinienne qui, à la fin, ne compte plus. Enfiler des oeillères pour effleurer le bonheur.
Mais je sais ce que je verrais dans telle situation. Je verrais l'infime pollen et le chemin qu'il emprunte, sa destination et sa future création ; je verrais les oiseaux et l'échéance de leurs ailes ; je verrais les pétales déjà fanés, je te verrais déjà dans ta tombe, mon ange.
Je ne peux pas réintégrer le système, j'en fus exclu au moment où je reçus les outils pour adopter la fatale distance critique.
Voyez-vous, un artiste ne peut pas évaluer son propre travail avec objectivité.
Et un critique ne s'amourache pas du tableau qu'il étudie.

XI)

Mon problème n'est pas un savoir excessif.
Mon problème est une conscience trop fragile.
Si j'étais moins frêle, peut-être que discuter de la pluie et du beau temps avec un ami tout en lorgnant de temps à autre le temps qui lui reste sur Terre, ou bien le nombre qu'atteindra à quarante ans ses vaines conquêtes amoureuses, ne me dérangerait pas plus que ça.
Seulement, c'est dérangeant. Quand la vie devient dénuée de mystères, il devient soporifique de la subir.
Mon problème ne réside pas dans mes connaissances.
Mon problème, c'est mon fatalisme inné.

XII)

Voilà ce que je vois.
Au réveil, mon appartement aux mille bibelots ; leurs origines, leurs créateurs. Des noms, des lieux. Des made in china plus éthérés que sur les étiquettes.
J'engloutis un café dont je n'essaie pas de deviner l'origine.
Parfois, j'erre dans la ville. Je regarde les couples s'embrasser, après avoir jeté un oeil à leur date de rupture. Je regarde un sportif en pleine forme avancer le long d'une allée, et je peins la fin de son parcours sans aucun mal, une mort par accident un an après. Je regarde l'homme d'affaires opulent, celui qui pourrait être mon client, se presser parmi les passants, hautain comme s'il avait une raison de l'être. Celui-là se fera assassiner, et ce n'est pas une probabilité. Je ne connais pas le mot probabilité. Mon monde est bâti par les certitudes.
Je travaille. Je regarde le destin des lignes que j'écris ; s'il ne me plaît pas, je relègue le texte au rang de brouillon.
Je me plonge dans la culture. Paradoxalement, si la vie est comme un film dont je connais l'issue, je ne peux deviner la fin d'une oeuvre.
Une construction fictive n'obéit à aucune logique autre que l'imagination de son auteur ; pour une raison ou pour une autre, mes dons s'arrêtent où l'art commence. Je connais toutes les données annexes d'un roman, mais je ne peux mettre son contenu à nu sans avoir pris le temps de le lire. Un personnage ne vit pas, ne meurt pas, n'existe pas de la manière dont nous le concevons.
Etrange idée que de pouvoir lire plus facilement dans un homme que dans un livre. De là à en tirer des conclusions sur la nature de l'humanité (chose depuis longtemps faite en ce qui me concerne), il n'y a qu'un pas.
Je me couche, je m'endors après avoir jeté un oeil à la date de mort des astres. Tout finit par passer.
Et je me prends à rêver d'une vie normale. Mais le flot d'informations ne désemplit jamais ; il fait partie de mon mode de pensée, et je ne m'en défais ni éveillé, ni endormi. Peut-on rêver de ce qu'on ne peut concevoir?
Parfois, les personnages de mes rêves sont illisibles ; ce n'est pas prémonitoire. C'est un souhait. Celui, un jour, de redevenir ignorant, de découvrir une personne qui, comme moi, domine la foule.
Par Ulquiorra - Publié dans : Short Stories
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Mardi 27 mai 2008
Quand, après une soirée arrosée de chaos,
Je retrouve mon foyer, ce bouclier si chaud
Et que l'envie me prend comme un besoin pressant
De taper violemment sur mon clavier tout blanc,
Je constate tristement les limites de l'humain
Qui, passé deux heures vingt, se croit encore capable
De rédiger de beaux, de purs alexandrins,
De coucher sur papier son art inimitable.

...

L'inspiration, c'est comme les femmes. On court après, et on réalise parfois que ce n'était pas la peine de courir si vite. Bien souvent parce qu'elles décident de l'heure de leur visite, et qu'un résultat forcé est plutôt effrayant.

...

C'est sur cette vile morale, si immonde et facile,
Que je te laisse, lecteur, ou pourquoi pas lectrice ?
Trouves-tu ta vie si morne, pour lire ces lignes débiles,
A moins que tu en tires un quelconque bénéfice ?
Par Ulquiorra - Publié dans : Delirium, Frenzy, Fury...
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Dimanche 25 mai 2008
Tempête de lumière
Les pétales roses de tes cheveux
Se fanent
Par Ulquiorra - Publié dans : Haikus
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Where am I?

  • paradise-lost
  • : Nevermind.
  • : 21/02/2008

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Where is it?...

When am I?

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